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Une ferme chargée d'histoire à Combloux

Soucieuse de préserver son patrimoine culturel, la municipalité de Combloux a racheté l'an passé la ferme Isidore, représentative du style architectural local. Visite d'une bâtisse, qui, mieux que des récits, permet de replonger dans l'histoire comblorane. Un mur en pierre couleur crème, deux volets entrouverts, une vieille porte en bois. A première vue, le 109, chemin de la promenade, n'attire pas l'attention. Pourtant, cette façade apparemment anodine abrite 171 ans d'histoire. Celle de Combloux. Celle de la vie traditionnelle de ce village aujourd'hui converti au tourisme. Et ce a moins de deux cents mètres de la nationale 212, qui traverse le village pour relier Megève à Sallanches. La ferme Isidore date de 1832. Elle est restée habitée jusqu'à l'an passé par la soeur d'Isidore, l'ancien propriétaire, aujourd'hui exilé en région parisienne et à qui la mairie a racheté son bien en juillet 2002. Le bois constitue le matériau prédominant dans sa construction. "Il n'est pas traité, mais bien traité", avaient coutume d'expliquer les anciens. Ceux-ci allaient chercher des épicéas et des cèdres dans les forêts environnantes, puis les ramenaient au village sur des chariots et autres traîneaux (photo). S'en suivait une longue phase d'attente, jusqu'à la "lune dure". C'est à ce moment précis, lorsque le bois avait suffisamment séché, qu'il était coupé puis transformé en colonnades et autres contrefiches (poutres obliques, soutenant le toit, sur lesquelles figurent la date de construction de la maison, le nom du propriétaire, ainsi que des inscriptions d'ordre religieux). L'annexe au trésor L'utilisation du granit, autre matériau ayant servi à l'édification de la ferme Saint-Isidore, est un vestige de la colonisation transalpine. A cette époque, la commune haut-savoyarde faisait partie du royaume de Piémont-Sardaigne. En 1840, suite à un incendie ayant ravagé la plupart des habitations –en bois- de Sallanches, les Comblorans optent, pour leurs nouvelles demeures, pour des fondations en granit. Comme sur les pourtours du Lac Majeur. Cette nouvelle orientation architecturale est facilitée par l'existence sur la commune d'une carrière. De nombreux ouvriers italiens, venus l'exploiter, vont d'ailleurs aider les autochtones dans la construction de leurs maisons. En échange du gîte et du couvert. Un petit chalet se dresse à seulement quelques mètres de la ferme Isidore. Il s'agit d'une remise, où étaient conservés les outils, la semence, le pain ou encore la charcuterie. Mais pas seulement, comme l'explique Maryse Perrin, guide du patrimoine à l'office du tourisme de Combloux : "Cette annexe servait aussi à garder le trésor de la maison –papiers de familles, bijoux...- afin de pouvoir refaire sa vie en cas d'incendie du bâtiment principal." L'intérieur regorge d'ustensiles typiques d'une civilisation agricole. Et de bien d'autres secrets, à découvrir en compagnie de Maryse Perrin. Juste une dernière chose : lorsque vous pénétrerez dans la cuisine, n'oubliez pas de lever la tête... Martin Léger

Pratique : la ferme Isidore est accessible uniquement lors des visites guidées organisées par l'office du tourisme. Renseignements : OT : 04 50 58 60 49