Vous êtes ici

« Une volonté profonde de travailler ensemble »

Thierry Monin © Mairie des Allues

Jeudi 17 mai, la Fédération internationale de ski (FIS), à l’occasion de son congrès annuel qui se tenait cette année en Grèce, a attribué l’organisation des championnats du monde 2023 de ski alpin à la candidature de Courchevel-Méribel. Une nouvelle qui a évidemment ravi Thierry Monin, le maire des Allues, la commune sur laquelle se trouve le domaine skiable de Méribel-Mottaret.

Quelle a été votre réaction lorsque la candidature de Courchevel-Méribel a été retenue par la FIS ?
Thierry Monin : C’était d’abord une grande fierté, mais pas vraiment une surprise pour moi. D’habitude, j’ai plutôt tendance à voir le verre à moitié vide, mais là j’étais confiant et serein. Parce que c’était le tour de la France – on n’avait pas eu les championnats du monde depuis Val d’Isère en 2009 – et aussi de par l’important travail de lobbying effectué par Michel Vion (le président de la Fédération française de ski) auprès des membres de la FIS. Je suis fier pour le territoire, parce que c’est un véritable projet de territoire.

Finales de la coupe du monde 2015 © Agence Zoom

Pouvez-vous nous rappeler la genèse de cette candidature ?
L’idée a commencé à être évoquée juste après les finales de la coupe du monde de ski alpin que Méribel avait accueillies en mars 2015. Puis c’est la FFS qui est venue nous voir pour nous proposer de monter ce dossier commun avec Courchevel, sachant qu’il fallait déjà être retenu pour représenter la France, face à Chamonix d’une part, Val d’Isère d’autre part. On a ensuite commencé à travailler ensemble avec Courchevel, parce qu’on pense que c’est un bien pour le ski français, qui a grandement besoin d’un coup de projecteur. Méribel et Courchevel ont des moyens et des savoir-faire, d’importantes capacités d’hébergement, mais ni l’une ni l’autre des deux stations n’aurait pu organiser seule cet événement qui tombera au cœur des vacances de février.

Quelle est la nature de la collaboration entre Méribel et Courchevel ?
Le comité d’organisation est composé de cinq ou six membres de chacune des deux communes (dont les maires), ainsi que de deux ou trois personnes de la FFS, au sein d’une structure de type association de loi 1901. Il va encore vivre quelques semaines et pourrait être légèrement modifié, sachant que la gouvernance sera assurée par les mairies, entourées des compétences nécessaires. Il n’y a jamais eu de guerre de clochers entre les deux communes. Nous sommes plus complémentaires que rivaux. Nous avons déjà l’habitude de travailler ensemble au sein de la communauté de communes de Val Vanoise (qui regroupe Les Allues, Brides-les-Bains, Champagny-en-Vanoise, Feissons-sur-Salins, Montagny, La Perrière, Le Planay, Pralognan-la-Vanoise et Saint-Bon Tarentaise). Ce n’est absolument pas un mariage forcé, mais une volonté profonde de travailler ensemble. Et nous savons aussi que nos voisins de la vallée des Belleville n’hésiteront pas à nous aider au besoin. Cette coopération pour les championnats du monde 2023 découlera forcément sur un renforcement de la solidarité entre Courchevel et Méribel.

Finales de la coupe du monde 2015 © Agence Zoom

Le visage de Méribel sera-t-il modifié avec cet événement ?
Non. A part peut-être trois ou quatre enneigeurs à rajouter sur 150 mètres linéaires, il n’y a pas de gros travaux de pistes à prévoir, puisqu’ils avaient déjà été réalisés pour les finales de la coupe du monde en 2015. Et au niveau de la station, il faudra sans doute aménager des salles de presse, mais il n’y aura pas de modifications fondamentales des infrastructures.

Propos recueillis par Martin Léger