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"L'international, une ardente nécessité pour la Compagnie des Alpes"

Dominique Marcel, pdg de la CDA

Au lendemain de la publication des résultats consolidés de l'exercice 2015-2016 de la Compagnie des Alpes, son Pdg, Dominique Marcel, était de passage à Grenoble. Il s'est félicité, qu'en dépit d'un début d'hiver difficile, la division domaines skiables ait réalisé son meilleur chiffre d'affaires depuis quatre ans, et qu’elle ait renoué avec une croissance en volume (+1,2%).

Autre motif de satisfaction pour le dirigeant du leader mondial de la gestion des domaines skiables, la création nette de lits touristiques dans les stations où il opère. "Notre implication dans la création et la rénovation d'hébergements (4500 lits), via notre foncière Rénovation Montagne secondée désormais par la foncière hôtelière, notre participation à des tours de table, aux côtés de la Caisse des Dépôts, ou encore les projets initiés par d'autres, et que nous accompagnons, portent leurs fruits", constate Dominique Marcel. "La CDA, leader dans sa catégorie, insuffle une dynamique au marché français bien plus forte qu'avant, et remplit pleinement son rôle d'entraînement et de facilitateur des projets". Dans le domaine de l'hébergement, mais aussi dans celui de l'expérience skieur (Mille 8), de la digitalisation (Val d'Isère Digital, Yuge), de la promotion et la distribution des destinations où elle est implantée, citant le tour-opérateur maison en ligne, Alpes Ski Résa, dont le chiffre d'affaires a progressé de 20%.

Un développement international au bénéfice des Alpes

Elle exploite 11 domaines skiables en France et est au capital de quatre autres (Chamonix, Megève, la Rosière et Valmorel). Et compte bien poursuivre les investissements dans ces stations de premier plan pour conforter leur attractivité sur un marché touristique mondial. "Je rappelle que la CDA n'a jamais autant investi dans ses domaines skiables : +50% depuis 2009, et 80 millions l'an dernier, ce qui est un niveau record. Et cela va continuer d'augmenter", assure le pdg du leader européen des loisirs. "Nous n'investissons pas pour donner des gages, mais parce que c'est l'intérêt de notre entreprise et de nos territoires d'avoir des domaines skiables au meilleur niveau d'excellence et de qualité possible".

16 millions d'euros investis dans la nouvelle télécabine de Solaise à Val d'Isère ©TOUTELA3D.com

L'opérateur investit donc massivement en France, tout en réaffirmant ses velléités à l'international. "Comme le disait de la planification le général de Gaulle, c'est une ardente nécessité. Il n'y a pas le choix. Dans un monde ouvert comme le nôtre, nous n'allons pas attendre que notre position de leader soit prise par d'autres. Les Américains et les Autrichiens sont déjà en Chine et sur les pays émergents et nous, nous resterions à ne rien faire ?", interroge Dominique Marcel.

300 millions de skieurs chinois en 2025

Pour lui il est urgent d'aller chercher des clients et des relais de croissance en Asie. Et notamment en Chine, pays au potentiel considérable. Le gouvernement chinois prédit qu'il y aura 300 millions de skieurs dans son pays, d'ici à 10 ans. Des clients à séduire maintenant sur place, pour qu'ils viennent ensuite dans les Alpes. "Mais pour s'implanter en Chine, il faut un partenaire, et il est vrai que Fosun, le propriétaire du Clud Med, premier investisseur dans les Alpes, est de ce point de vue intéressant pour nous", rappelle Dominique Marcel, qui s'agace des craintes "infondées" d'une vente de la CDA aux Chinois. Pour lui, il est indispensable aujourd'hui d'enrichir le capital de l'entreprise, en faisant entrer Fosun aux alentours de 10%, mais aussi d'autres investisseurs, experts dans des métiers où la CDA l'est moins. "Notre cahier des charges est très clair : la Caisse des Dépôts reste notre actionnaire de référence (40%), nous misons sur nos deux métiers (ndlr : les domaines skiables et les parcs de loisirs, très pertinents sur le marché chinois, où le ski se développe sur le modèle des dômes), et enfin, nous continuons à investir dans nos domaines skiables alpins", veut rassurer le pdg de la CDA, face à la fronde des élus locaux rhônalpins en juillet dernier, contre l'ouverture du capital à des investisseurs étrangers. Ils plaident pour l'entrée d'investisseurs locaux, collectivités, banques régionales. Le retour de la CDA à un statut d'entreprise régionale alors que la bataille commerciale du tourisme hivernal se joue au niveau planétaire ? Du côté de la CDC et de la CDA on veut croire que la raison l'emporte et que d'ici la fin de l'année, le tour de table soit bouclé dans la sérénité.

Sophie Chanaron