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Le havre de paix de Champollion

Jusqu'au 5 mai prochain, la demeure familiale dans laquelle Jean-François Champollion effectua de nombreux séjours, est ouverte au public. Située à Vif, au sud de Grenoble, elle retrace le cadre dans lequel le célèbre égyptologue et son indissociable frère aîné ont vécu et travaillé. En attendant la création, en 2006, d'un véritable musée. S'il n'était pas grenoblois, celui à qui l'on doit en 1822 la découverte du déchiffrage des hiéroglyphes, vécut de nombreuses années dans la capitale des Alpes. Et notamment à Vif où Jacques-Joseph Champollion-Figeac, son frère aîné, possédait une maison de campagne. C'est au second étage de cette demeure du 17e que Jean-François Champollion (1790-1832) entretint sa passion pour l'Egypte et mena des travaux sur la terre des pharaons, bien avant de s'y rendre réellement puisque son premier voyage ne date que de 1828. Celle qu'on appelle la maison Champollion est restée dans la famille pendant cinq générations avant d'être rachetée, en 2001 par le Conseil général de l'Isère pour un million d'euros. Un montant plutôt raisonnable au regard du prix de l'immobilier dans la région et quand on sait que cette acquisition concerne aussi la correspondance de l'égyptologue, sa bibliothèque, ses archives personnelles, du mobilier... L'objectif du département est d'en faire un musée dédié à la mémoire des deux Champollion. Un projet qui doit voir le jour en 2006, au terme d'importants travaux de rénovation et de mise aux normes dont le démarrage est programmé en mai prochain. Profitant de la tenue symbolique à Grenoble du 9e congrès international des égyptologues en septembre dernier et de la présentation au musée Dauphinois de l'exposition de 28 statues issues de la cachette de Karnak, ses responsables ont décidé d'ouvrir provisoirement la maison de Vif. Ainsi, jusqu'au 5 mai prochain, le visiteur est invité à emprunter un parcours thématique qui retrace la vie de famille des deux frères, souligne l'importance de Jacques-Joseph, autodidacte érudit, dévoile le cadre de travail de l'égyptologue avec les ouvrages et les documents sur lesquels il a travaillé, des dessins, des croquis. Dans les conditions actuelles, seule une vingtaine de personnes peut visiter simultanément la maison. « C'est pour cela que nous donnons beaucoup d'informations à l'extérieur de la maison où des structures légères et provisoires ont été installés par le scénographe Jean-Noël Duru », indique Renée Colardelle, conservateur du patrimoine. Et de fait, de symboliques colonnes évoquent la vie familiale et sociale des Champollion, le contexte politique de l'époque, la folie égyptienne, l'expédition de Bonaparte et la mode orientaliste, la gloire acquise, l'héritage scientifique transmis. Un atelier d'apprentissage des déchiffrements des hiéroglyphes invite grands et petits à s'initier à cette écriture égyptienne à travers un jeu de piste autour de silhouettes en métal découpées à l'image des dix-neuf familles de hiéroglyphes. S.C.

 
Maison Champollion 45 rue Champollion à Vif Entrée gratuite www.maison-champollion-isere.com Autoroute A51 sortie Vif
 

Une notoriété internationale « Jean-François Champollion jouissait et jouit encore d'une notoriété énorme en France comme à l'étranger », affirme Anne-Cayol-Gerin, historienne, autour d'un livre sur le savant. « Il est considéré partout comme le père de l'égyptologie ». Il a correspondu avec nombre de scientifiques de son époque dont l'Anglais Thomas Young, physicien et ophtalmologue, qui avant lui, en 1816, déchiffre quelques hiéroglyphes. « Mais si ce dernier à apporter sa pierre à l'édifice, Champollion en a donné la clé ».