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Des semences locales pour la diversité écologique des espaces montagnards

Pour compenser l'aménagement des pistes de ski qui fragilise et met à mal les sols et le couvert végétal des espaces montagnards, les exploitants engagent des travaux de restauration des terrains dégradés. Et notamment des travaux de revégétalisation. Selon l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea), plus de 600 hectares par an ont bénéficié d'un programme en ce sens de 2008 à 2017. Ce que regrette l'institut, c'est que les semences utilisées soit en général des mélanges de graines issues de la multiplication d’espèces non locales (autres régions, voire autres continents…) et peu diversifiées. Si elles remplissent bien leur rôle en matière de lutte contre l'érosion et la restauration paysagère, en revanche, en matière de biodiversité, le compte n'y est pas ! C’est pourquoi des expérimentations sont menées depuis quelques années pour utiliser des semences locales, récoltées dans les secteurs des zones à revégétaliser. Six sites de réensemencement sont en cours d'évaluation, dont un sur la station de Courchevel. Les chercheurs grenoblois de l'Irstea, en collaboration avec le Conservatoire Botanique National Alpin et la Société d’Economie Alpestre, partenaires du projet Sem’lesAlpes, ont par ailleurs identifié une liste d’espèces particulièrement adaptées pour les projets de reverdissement des pistes. Et plaident pour l'instauration d'une filière courte de production et d'utilisation de semences locales, portée par les agriculteurs, à qui cette nouvelle activité apporterait des revenus supplémentaires, et par les exploitants, qui disposeraient ainsi d'espèces plus adaptées et aussi plus économiques car produites sur place.