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L'avenir incertain de la Grande Traversée des Alpes

Alors qu'elle a quitté le centre de Grenoble en décembre dernier pour s'installer dans le parc d'activités Alpespace à Francin, près de Chambéry et ainsi se rapprocher des grands acteurs de la montagne, l'association La Grande Traversée des Alpes, s'inquiète pour son avenir, son budget 2018 n'étant sécurisé qu'à 50%.

Celle qui anime et gère aujourd'hui six grands itinéraires du Léman à la Méditerranée, annonce que si la suppression de la subvention de la Région Sud est confirmée et la baisse du montant de celle de la Région Auvergne-Rhône-Alpes effective, son budget 2018 pourrait fortement diminuer. "A ce jour, le budget 2018 de la GTA, fixé à 680 000 euros, n'est sécurisé qu'à 50%", indique Lionel Terrail, son directeur. Difficile avec des moyens financiers divisés par deux de continuer l'aventure.

Fondée en 1971 par la Datar, la GTA est reconnue comme l'un des meilleurs experts de l'itinérance touristique en France. La preuve ? C'est à elle que le groupe Michelin, la Caisse des Dépôts et Alliance Réseaux se sont adressés l'an dernier pour créer MyTripTailor (Mon Tour en France), plateforme de commercialisation en ligne de circuits itinérants en France.

La GTA compte plus de 400 partenaires publics et privés pour créer, développer, animer et promouvoir ses six grands itinéraires entre Alpes et Provence, dont la Route des Grandes Alpes, les Chemins du Soleil ou les Routes de la lavande, très prisés par la clientèle étrangère. Selon son directeur, Lionel Terrail, ces itinéraires au long cours génèrent des retombées économiques directes à hauteur de 17 millions d’euros sur le massif alpin.

La GTA est consciente de la nécessité de diversifier ses sources de financement pour moins dépendre des subventions publiques, de plus en plus incertaines. Elle prévoit de créer une filiale commerciale et un fonds de dotation pour cela, mais il lui faut du temps pour qu'elle en récolte les fruits ! Les aides financières régionales sont donc encore indispensables  en 2018 pour que la structure, qui emploie 8 personnes, évolue vers ce nouveau modèle économique.

Depuis plusieurs jours, de nombreux adhérents, partenaires publics et privés s'activent en coulisses pour sortir de cette crise existentielle et sauver la GTA. Depuis plus de 45 ans, l'association milite pour l'itinérance en France. A l'heure où cette dernière est très tendance et facteur de développement des territoires, les opérateurs du tourisme ont plus que jamais besoin du savoir-faire de l'association dont le berceau est situé en Région Sud (Ceillac dans les Hautes-Alpes).

Sophie Chanaron